Biographie

Autrice-compositrice-interprète au parcours s’échelonnant sur une décennie bien garnie, Caroline Savoiebrosse avec aisance le portrait frontal de l’amour et des choses vraies. Maintenant, plus que jamais. 

Le sentier s’est ouvert avec The Voice en France, mais il débouche ailleurs. De sa victoire au Festival International de la chanson de Granby en 2015 jusqu’à la parution de deux albums salués — Caroline Savoie (2016) et Pourchasser l’aube (2019) respectivement réalisés par Jay Newland (Norah Jones, Etta James) et Philippe Brault —, l’artiste aura vu sa route pop aux tournants indie-rock ponctuée de généreuse façon. 

Avec imprimés dans ses cordes plus de cinq cents spectacles ici, aux États-Unis et en Europe — notamment aux côtés de Daniel LavoieFrancis CabrelPaul PichéLes Sœurs Boulay et Émile Bilodeau —, la récolte du prix Édith Butler de la Fondation SPACQ, de deux statuettes au Gala des prix Trille Or, l’occurrence de quatre nominations aux Prix de la musique de la Côte est et d’une place parmi les finalistes au prix Félix-LeclercCaroline Savoie s’est construit un enviable bagage. Seulement, qu’arrive-t-il quand l’abondance de l’expérience gagnée tôt dans la vie et le besoin de réappropriation de soi se croisent? Pour la vingtenaire, la jonction prend aujourd’hui des allures de chance. 

Présentement à la confection d’un troisième album en carrière, l’artiste s’accorde le droit de faire des choix. Pour sa musique, pour elle-même. Tandis que les deux dernières années auront à tous imposé leur rythme aussi lent qu’entêté, la musicienne se retrouve seule; elle s’aperçoit également elle-même. La côte Acadienne est son propre microcosme, un environnement qui a sa propre histoire, qui fonctionne selon son propre souffle. Après des années à Montréal, de retour lors de séjours dans ce paysage à la fois calme et tourmenté, Caroline Savoie réalise que, pour elle, la vie véritable ne requiert pas les feux d’artifice auxquels elle s’était habituée. On dit que le manque crée l’envie. Pour l’artiste, le tout se solde à présent par l’envie d’autre chose.

Le retour aux sources se mêle ainsi à la soif du recommencement. Dans l’apesanteur occasionnée par la pandémie, en prenant le temps de ralentir, elle laisse mijoter des chansons nées lentement. Personnelles au possible, ces chansons deviennent l’incarnation même d’un désir d’indépendance. Enracinée autrement, plus solidement, plus profondément, elle le matérialisera. À travers des collaborations méticuleusement réfléchies, quoique tissées avec authenticité sur fond de parfum des maritimes, elle s’entoure aujourd’hui de Joe Grass à la réalisation, de François LafontaineMarco Gosselin et Donald O’Brien aux multiples instruments, ainsi que de Lisa Leblanc, des Hay Babies (Julie Aubé, Vivianne Roy, Katrine Noël) et de Julie Doiron aux chœurs. 

Certaines choses ne changent pas. La légèreté en note de tête et la résonnance grave, puissante, enrobant celle du cœur, la voix de Caroline Savoie touche, là où elle passe. L’effet la surprend encore, même après des années. Ce qui surprend aussi, c’est la coexistence de cette mélancolie qui s’imprime dans le timbre, lorsque chanté, et de ces grandes cascades d’énergie, ces rires francs, quand celui-ci se pose autrement pour parler.  C’est d’ailleurs un peu ce qu’elle s’offre aujourd’hui. La surprise, le cadeau : celui d’exister dans ses contradictions, celui de la réflexion, de la spontanéité et de la simplicité. Pour tripper sur la musique comme au premier jour. Pour laisser sa trace comme elle l’entend. Le temps est venu de saisir les rênes, maintenant.

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